Marie de l’Alchimiste
1er entretien - 4 Avril 1996
- Marie de l’Alchimiste
que caches-tu sous ton tablier ?
- Je cache mon entre en V,
mon ventre de creuset
où l’Or se germe et se féconde.
Se féconde lui-même
car il a toujours été
et se cherchant lui-même
ainsi perpétuellement se crée…
- Dis-moi, Marie de l’Alchimiste
Que regardes-tu de tes yeux si bleus ?
- Je regarde au lointain
là où se perd l’espace
là où il n’y a plus d’horizon.
Mon air se tasse en l’airain
Il faut donc bien que coupe se passe !
C’est pourquoi je regarde au-delà
Cherchant le vide l’espace
et je regarde aussi le Ciel bleu
où mes yeux se mirent.
Car l’un se reflète en l’autre
et c’est par un regard que tout est vivant.
J’embrasse aussi les hommes
de mon regard
et les regarde de Paix
pour susciter la Paix en leur âme.
Et mon attente se réjouit
parce que simplement de Paix
du Fond
du Ciel
je regarde…
- O Marie de l’Alchimiste
que tiens-tu dans tes mains cachées ?
- Je tiens dans mes mains absentes,
le vide, le plein, et le creuset.
Je tiens dans mes mains
la clé de vie d’abondance.
Je tiens dans mes mains
tous les secrets de Vie.
C’est pourquoi elles disparaissent
car le secret est ce qui
est partout présent et qui ne se voit pas,
qui se vit seulement et qui se regarde,
et qui s’appelle, à tout Venant,
à tout jamais,
à tous les temps,
Amour.
- O Marie de l’Alchimiste,
pourquoi tes bras sont-ils abaissés ?
- Parce que je suis Marie de Miséricorde
aussi, et que j’apprends aux hommes
que le seul pardon qu’ils peuvent
offrir à toute leur vie est
de RECEVOIR et de se laisser
eux-mêmes RECEVOIR en abaissant les bras.
- Alors Marie de l’Alchimiste,
pourquoi baisses-tu les bras
si l’on n’y voit tes mains ?
- Parce que l’Amour que l’on reçoit
en se soumettant à Providence
est si dense
que les mains d’Amour
répandent dans une danse
toutes leurs veines
du sang du monde
et bercent le monde à l’entour.
Cela s’appelle la Grâce,
Et ainsi j’ai été touchée, visitée
Par la Grâce,
c’est pourquoi mes mains invisibles
vous oignent, vous touchent,
vous caressent et vous bénissent
à jamais.
Je transmets…
- Marie de l’Alchimiste, il semble
qu’il y ait tant de beauté
dans les plis de ta robe.
Dis-moi ce que j’y peux chercher ?
- Tu y chercheras la douceur de l’étoffe,
la grâce de la femme,
les courbes de sa féminité.
Et par dessus tout,
dans les plis se tissent les roses,
car la Rose n’est jamais voilée.
On l’habille seulement,
mais son parfum embaume.
On la cloître sous l’habit
mais on ne peut jamais la contenir
car tant de grâce elle impose
qu’aucun de ses pétales ne saurait être froissé.
Et sous l’habit
se cache l’âme,
la vie de la Rose
et le mystère du monde aussi.
Cela s’appelle Beauté, ma fille,
Cela s’appelle Amour, mon fils.
Et ensemble ils vont,
dans les plis du Monde
sans autres atours qu’eux-mêmes
dans les Habits du Jour.
- Dis-moi, Marie de l’Alchimiste,
ton voile comme tes cheveux ?
Il y a là quelque chose d’indéfinissable
que je ne saisis pas.
Qu’est-ce donc que ce mystère,
cette attirance ?
- Mon fils, contemple-moi seulement.
A trop chercher tu oublierais de vivre.
Dessus ou sous le voile
se trouve la Beauté.
Point n’est besoin de chercher,
de soulever le voile
pour s’en abreuver.
Au contraire, recule de quelques pas
et contemple
et réjouis-toi
de l’image que la Vie te donne
sans chercher à compter les cheveux
de l’Etre qui ne demande que,
dans nos mains,
à abandonner sa Chevelure Entière.
Caresse du regard, caresse de l’Amour
mais perds la quête qui toujours,
te projette dans l’Avant du Temps
et t’isole de la seule Réalité Possible,
l’Amour du Présent.
- Oh, Marie de l’Alchimiste, je me suis
reculé de quelques pas
et je te contemple entière. Que tu es belle !
Veux-tu bien de ta voix m’éclairer ?
- Ma Voix éclaire car elle est Parole,
Parole du Dieu jaillie de mon cœur
elle est comme toute parole
que l’Homme veut bien Délier du profond.
A travers le vent, elle porte
éclaire de flamme
avive d’eau
et sur la terre entière
apporte les mots,
les mots d’Amour, de Bienveillance,
de Consolation et de Pardon,
le Mot d’Espérance
puisqu’il est né depuis le fond,
Ce fond qu’a tout homme
et qu’il doit creuser
en un four, une matrice
où l’Or né se crée.
Ma seule voix sera la tienne,
celle qu’au fond de ton coeur tu auras perçue.
L’Etre alors se révèle
car sous la Cape, il est nu.
Mais, moi qui suis une Dame,
la Dame de celui de Céans
qui Œuvre et cherche l’Ame
je te dirai dans ce court présent :
Va, vis, œuvre et garde souvenance
qu’il n’y a pas de plus beau trésor que l’Amour.
Veille à le répandre au Monde
et à lui donner son jour
Jour du Temps qui n’a pas d’espace
pour les espaces de ces temps,
car chaque heure est, qui passe,
une marque pour le Présent.
N’aie donc de cesse,
non de chercher,
mais d’aimer,
et de contempler
en chaque être
ton propre clair reflet.
Va, vis, œuvre et garde souvenance
et abolis ta mémoire au Présent
car il n’est d’instant qui se passe
qui ne doive vie au Vivant.
Alors comme moi ,
tu iras en paix
parce que tu le seras seulement.
Et être veut dire vivre
et vivre veut dire amant,
Amant de la Vie, Amant de l’Amour
non comme un Chevalier en Quête
mais comme une Dame sans mains
qui reçoit le Présent,
Le Présent de la Vie, le cadeau de l’Amour
et qui donne ainsi Vie à chacun de ses jours.
- Oh ! Marie, ainsi tu as parlé, ainsi je t’écoute,
Ainsi je t’ai écoutée, ainsi tu as parlé.
Mais dis-moi, pourquoi ce piédestal
aux 4 arches, aux 4 colonnes
sur lequel tu es en pied ?
Mon esprit n’est point curieux.
Mais c’est vrai que pour te regarder mieux encore,
j’ai dû m’éloigner de toi
et te regarder…
- Fils, on regarde par 2 fois les choses,
car chaque heure a son horizon ;
Avec le temps change la couleur,
la forme et la dimension.
Ainsi la conscience de ton Etre
s’accroît avec les jours.
Bientôt à une distance infinie,
tu me verras partout.
Cela pour te montrer
que ce n’est point la distance
qui fait l’Amour.
Marie est toujours présente
l’Alchimie est pour toujours.
Mais toi seul est l’Alchimiste
et un jour le temps viendra
où pour toi, Marie sera au dedans de Toi
au dedans du Roi
au dedans du Moi
sous le toit des Arches
au dessus du Ciel
qui sera mêlé en terre
par le Très Haut Arc en Ciel…
Ainsi il n’y aura plus de distance,
plus de temps pour recevoir,
car tu auras en toi la Substance,
l’Etre et le Savoir.
Et tu sauras que sous ton voile,
tu avais toujours été nu ;
et que pour toucher ton corps d’étoiles
il suffisait d’ôter le superflu.
Je suis toujours là, toujours vivante,
haut perchée sur un piédestal.
Du haut, je regarde et j’enfante
En hommage au Saint Graal.
Je suis là toujours très haute
car à jamais à toi liée.
Je suis celle que l’on n’ôte
et qui s’appelle Pureté.
Ainsi haut l’on me place,
nul besoin d’être couronnée
car nul ne peut m’atteindre
s’il ne s’est, de lui-même, éloigné.
C’est pour cela que tu recules
pour apercevoir le divin
et changer un point de vue
sur l’étroitesse du chemin.
C’est pour cela que je suis haute
pour te donner la dimension
la Hauteur de la Porte,
l’Arche de l’Horizon.
Elève ton regard
pour m’embrasser entière
Sachant que c’est ton Ame
que je représente sur cette terre.
Ainsi l’Ame est haute,
L’Ame est pure,
L’Ame est ton hôte
Sous le voile de bure.
Elève-toi pour la saisir
Eloigne-toi pour contempler
Sachant que c’est tout entier
Que tu t’uniras à elle
pour l’Eternité.
Voilà pourquoi je suis si haute
c’est que l’on m’embrasse mieux,
moi, ta Dame, ton Ame, ton Hôte,
ton goût de Vie des Dieux.
Mais il y a une autre raison
Qui veut que si haut je m’élève
C’est pour contempler moi-même l’horizon
Où se perd la terre,
Où se livrent mes enfants,
mes enfants-hommes à la vie,
Pour être avec eux du Présent
par mon être d’Amour
qui jamais ne les oublie.
Ainsi moi aussi je regarde
et espère à tout jamais
pour avoir été mon propre ventre
qu’ils viendront à l’Eternité.
A l’Eternité du Présent
au pied de la stalle
au piédestal
élever leur âme.
Car à chaque seconde suffit son Présent
à chaque Présent suffit sa Coupe
et chaque Coupe a besoin de son enfant
qui lui verse la vie de tous les instants.
Ainsi en est-il de l’Eternité.
Ne se scelle en les temps
que le Présent d’Amour,
la reconnaissance du Présent
que nous fait la vie
qui nous fait l’Amour
de la Vie en chacun de nos jours.
Je suis haute et je regarde,
mes yeux ouverts à jamais
c’est l’Amour que je garde
sous mes instants d’Eternité.
Et je prie devant tant de beauté
offerte à nos regards par la Vie.
J’implore chacune de vos Marie
A saisir chaque éternité.
L’ Eternité est reconnaissance
est le merci de l’Homme pour Dieu
elle est la perpétuelle naissance
de l’Etre dans l’homme heureux.
Ainsi je regarde et j’appelle
de ma voix en ta voix
pour que la vie soit belle
et que tu sois un Roi.
J’appelle en ces contrées
en ces pays, à l’horizon,
je domine la vallée
pour guetter toutes les saisons.
C’est ainsi que je maîtrise
le temps et l’éternité.
Ma voix a le son de la brise
qui murmure sous le cyprès.
- Marie de l’Alchimiste,
je n’ai plus rien à dire.
Tes propos m’ont comblé.
Je voudrais dire quelque chose,
mais je n’ai rien à ajouter.
Que dire de plus, Marie ?
- Marie en toi te dit :
Fils alchimiste,
enfant nouveau-né,
c’est quand tu commences à te taire
que ton Etre a parlé !…
Hort bien Elu – 4 Avril 1996